Interview : rencontre avec Clem et Flo de Grand Ocean

Publié le par Le Blog d'une Active Pensive

Interview : rencontre avec Clem et Flo de Grand Ocean

Hier après-midi, j'avais rendez-vous au Idol Hôtel pour rencontrer Clem et Flo qui forment Grand Ocean. Une rencontre sympathique avec des personnes très drôles et passionnées !! Je vous en avais déjà parlé ici.

Je vous laisse découvrir notre entretien.

Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Florian : Flo, Pep's mon nom d'artiste. Musicien, je viens du sud de la France dans le Vercors. Je suis installé à Paris maintenant. J'ai fait cinq albums et deux maxi sous le nom de Pep's et maintenant j'ai monté Grand Ocean avec Clem. Je suis musicien depuis tout petit et je ne fais que ça depuis une quinzaine d'années maintenant !

Clem : Moi c'est Clément de Sweem. J'ai été dans un groupe de reggae pendant une dizaine d'années, dans le sud vers Antibes-Nice. Quand je suis monté sur Paris, j'ai d'abord joué dans le métro. J'ai rencontré pas mal de zikos. Suite à ça, j'ai monté pas mal de projets, dont le groupe Maniacx. Et puis on s'est rencontré avec Flo, par le biais de notre tourneur respectif et depuis on tourne ensemble.

Ça fait combien de temps que vous vous êtes rencontrés ?
Ensemble : Ça va faire une bonne année.

Et comment s'est passée la rencontre ?

Florian : En fait à l'époque, notre tourneur respectif se mariait. On était déjà tous les deux artistes, Clem avec son projet Maniacx et moi avec mon projet Pep's. Il y avait un petit bœuf quand je suis arrivé de concert et puis on a tout de suite de joué de la gratte ensemble, dès qu'on s'est rencontré.

Clem : On a direct trippé musicalement !

Florian : Ouais et on s'est vu quelques semaines après chez moi. En une nuit, on a fait à peu près six morceaux. Donc on s'est dit que c'était parti ! Et depuis ce moment-là, on a passé énormément de temps ensemble, musicalement et puis humainement.

Oui j'imagine qu'on crée des liens d'amitié...

Clem : Oui c'est la grosse force aussi de notre projet, c'est ce projet fraternel. Ce n'est pas que de la musique. Tout de suite il y a eu quelque chose qui s'est fait humainement et musicalement. C'est cool. C'est le tout qui était intéressant !

Florian : Oui et puis en un an, et bien j'ai l'impression que ça fait 10 ans que je le connais !! Presque saoulé déjà ! [rires]

Est-ce que vous vous partagez les taches par exemple l'écriture et la composition ou vous faites tout ensemble ?

Clem : On fait comme ça vient. Il n'y a pas de répartition. On fait du son ensemble. Si Flo a commencé le truc, moi je le finis. Ça peut être l'inverse.

Florian : Oui voilà ! C'est vraiment d'abord tripper sur des idées musicales. Le texte, c'est quand même souvent Clem parce qu'il écrit mieux que moi en anglais.

Clem : Oui je chante principalement aussi.

Florian : Ça part d'abord d'une fusion musicale sur des choses sur lesquelles on se retrouve vraiment tous les deux. C'est d'abord vraiment des gros sons, des gros riffs de guitare... Il n'y a pas vraiment de méthodes de travail. On joue de la musique et on voit ce qui en ressort. On peut jouer deux heures. Sur ces deux heures, on va faire 15 choses différentes et après on va sélectionner. C'est très instinctif.

Les titres seront donc uniquement en anglais ou il y aura des touches de français ?

Clem : Non il y aura aussi du français que Flo amène.

Florian : Oui voilà des petits passages en français. Clem est plus présent car il chante, il rap... Il a plusieurs cordes à son arc. Et moi , je chante surtout les refrains et j'harmonise un peu les voix.

Clem : En tous cas sur cet EP, il y a un petit passage français de Flo. Et après sur les titres à venir plus tard, il y aura des chansons où Flo aura plus de lead vocal.

L'EP sort le 4 mai. Quel sera le style principal ?

Clem : En fait, il y a quelques mois en amont on avait fait un album au studio Ferber avec Jean Lamoot, en one shot très très live et très pur dans le son. Au final, on a décidé de ne pas sortir cet album. On a récupéré quelques sons de cet album et de faire des remixes, en amenant de la musique électronique sur nos titres par des DJ et producteurs. Donc c'est là qu'est né le titre USA. Il y a également d'autres personnes qui ont joué le jeu. Donc on s'est dit qu'on allait sortir un EP hybride entre l'urbanside, le seaside. On l'a imaginé avec un côté beaucoup plus analogique vintage, comme ce qu'on a fait à Ferber, et un côté beaucoup plus moderne actuel dans la musique électronique a pris part avec le temps dans ce projet là. Donc voilà il y aura des remixes et des titres originaux.

Florian : C'est un peu le but du projet. Il n'y a pas de frontières musicales. Je me retrouve autant dans des musiques qui vont être hip-hop que du folk ou des musiques africaines. Le but c'est de voyager, de faire de la musique et de pas se dire ça va être telle ou telle chose dans telle ou telle case, comme souvent on fait en France. Alors que, souvent, dans les autres pays, c'est plus éclectique. On peut toucher un peu à tout sans faire de la soupe. Le but de tout ça, c'est de dire que dans chaque musique il y a des choses intéressantes. Et puis selon nos influences du moment, on va créer des choses différentes à la guitare.

Quels artistes vous ont influencé ?

Clem : Moi perso, ça va être autant du Keziah, Ben Howard, Kendrick Lamar... J'écoute vraiment de tout, en passant de la folk à du hip-hop. Je n'ai pas une influence, ni de maître. C'est très éclectique.

Florian : Moi c'est pareil. On a des choses qui nous plaisent à tous les deux, sur lesquelles on se rejoint. Sinon moi j'écoute peut-être un peu plus de musiques du monde, de musiques africaines tandis que Clem écoute plus de hip-hop et de musique électro. Et puis ça dépend des moments de la vie. En ce moment j'écoute plutôt des vieux trucs, un peu de musique du monde et du hip-hop ricain.

Comment vous avez enregistré ? Plus de la guitare/voix et après de l'électro ? Comment ça s'est passé ?

Clem : À la base, c'est guitare voix. C'est la force de notre duo même en live. On a une formule duo et une formule trio. C'est de la guitare voix à la base. Et au studio Ferber, on a ajouté de la batterie, basse avec un 3ème guitariste qui est venu. Et après les remixes, ça se travaille sur une MAO[musique assistée par ordinateur], sur des machines.

Florian : On a aussi utilisé pas mal de Weissenborn, une guitare qui se joue à plat. Sur l'EP, et même sur l'album, il y aura pas mal de compos et de guitare voix avec cette guitare là et des arrangements avec cette guitare.

Sur scène, ce sera plus de guitare voix ou il y aura aussi beaucoup d'électro ?

Clem : Comme je te disais, on a prévu une formule en trio où là du coup, on a un batteur qui a un pad et moi j'ai une petite machine qui s'appelle un omnichord. C'est une vieille machine vintage qui envoie des sons avec un arpeggiator qui donne une touche assez électronique. Pour l'instant, cette formule trio, elle marche bien. Le duo, c'est ce qu'on fait depuis un an. Maintenant on va voir comment ça va évoluer. On va plus tendre vers des sons électroniques que, par exemple, vers une section cuivre ! C'est un choix aussi. On pourrait monter un band avec genre un percussionniste ou je sais pas quoi, un truc très groupe live. Mais on a déjà notre batteur qui apporte sa touche en utilisant des petites machines à droite à gauche, des petits sons...qui arrivent par parcimonie, ça match bien et ça donne aussi un peu ce côté qu'on a envie d'amener aujourd'hui, plus hybride !

Florian : Oui, on aura le côté électro et le côté organique du bois. On va amener le bois et en même temps la petite touche électro connotée plus hip-hop, plus travaillée au niveau sonore, au niveau des échantillonnages… tout en gardant la compo de base de la guitare.

À part le China qui est prévu pour le 4 juin, est-ce qu'il y a d'autres dates de prévues ?

Clem : Une tournée aux États-Unis pendant 2 ans [rires]. Non plus sérieusement, on part à Nouméa pendant 10 jours, en Nouvelle-Calédonie pour une petite tournée début juin. Ensuite on a une date à Beaulieu-sur-Mer dans le sud avec Christophe Maé [le 4 juillet, festival Les Nuits Guitare] et quelques dates qui vont arriver par-ci par-là. Mais le travail c'est surtout la sortie de l'EP, voir un peu la réaction des gens. On a besoin d'avoir des retours. Et après je pense qu'on va embrayer sur l'automne.

Florian : Oui là pour le moment c'est un gros travail de prod et le maxi devrait après normalement nous permettre de tourner à l'automne et l'été prochain…

Clem : Depuis le début de l'année, on a fait beaucoup de travail de production. On a beaucoup joué aussi. On s'est retrouvé ! Chacun de notre côté, on a fait plein de dates avec nos projets respectifs. Et là cette année, on avait vraiment envie de faire du son et d'aller à la rencontre des gens, de rester en duo pour avoir du travail simple à présenter sans prétention de pouvoir aller jouer à droite à gauche. Maintenant, c'est important de présenter un truc un peu "plus pro", même si c'était déjà pro avant mais on bossait avec notre réseau !

Florian : On s'est chauffé par exemple dans des petits cafés-concert…

Clem : Maintenant on existe officiellement, on est plus pro grâce à cet EP là. Donc c'est important qu'on fasse parler de nous et pour qu'ensuite on puisse enclencher de belles dates sur l'automne parce que c'est le live qui nous représente le plus !

J'ai une petite question pour toi Florian. Tu as eu un gros succès avec Liberta, comment tu as vécu le fait d'être projeté numéro 1 du top single ?

Florian : Je l'ai vécu surtout en live. J'ai enchaîné les scènes. Ça m'a permis de faire tout ce que je n'avais pas pu faire avec le circuit indépendant. Je ne suis pas fan de la télé..., mais je me suis prêté au jeu. J'ai été beaucoup programmé en radio. Ça m'a permis de faire tous les gros festivals français, en Belgique, un peu partout... C'était très intense ! Il y a eu 300 concerts en deux ans. Ça m'a permis aussi de rencontrer le milieu de la grosse production médiatique à grande échelle. Je peux te dire que je l'ai super bien vécu. J'ai quand même fait un Olympia. Et là ça fait du bien de repartir sur ce projet qui est frais, auquel je souhaite la même chose si ce n'est plus ! Le but, c'est aussi d'aller à l'étranger avec notre projet. On fait de la musique aussi pour voyager musicalement et corporellement on va dire [sourire]. Je nous souhaite le même succès que j'ai eu Liberta !

Comment vous voyez la suite ? Un album après l'EP ?

Florian : Oui. Ça va découler un peu de comment va prendre l'EP auprès du public. On sait très bien qu'aujourd'hui c'est très difficile médiatiquement, musicalement... Aujourd'hui c'est quand même beaucoup la télé, les radios mais encore plus la télé qui fait les artistes que tu vois dans les festivals français, à part pour les artistes internationaux. Donc ça va être de bien travailler l'image du projet. On va faire très attention aussi à l'esthétique parce que moi je n'étais pas très bon là-dedans. Je suis plus dans le son que dans ces choses là. Clem est bien meilleur que moi là dedans au niveau de tout ce qui est du style, de l'image… Je pense que l'union fait la force là-dessus et puis on a nos expériences respectives parce que, que ce soit Clem ou moi, on a fait énormément de concerts. Donc moi, je nous vois sortir un album j'espère !! On l'a déjà cet album, donc il y aura des choses nouvelles parce qu'on travaille perpétuellement. Donc j'espère qu'à l'automne, si ça prend, on pourra sortir l'album et aller le défendre sur scène toute l'année prochaine ! Déjà on se concentre sur la sortie de l'EP dans lequel on a déjà beaucoup investi humainement et financièrement, parce qu'on est en auto-prod. C'est nous qui produisons tout avec Gaël, notre manager. Donc c'est un gros investissement à tous niveaux. On espère que ça marchera sinon on ira faire des patates dans le désert ! [rires]

Le but est de faire un bout de chemin en duo avec plusieurs EP/albums ou vous souhaitez reprendre vos carrières respectives après ?

Florian : il y aura sûrement d'autres projets qu'on fera tous les deux chacun de notre côté, que ce soit des albums solo pour Pep's ou pour Clem… Et tant mieux qu'on ait plein de choses à côté, c'est aussi ce qui nous enrichit ! Pour l'instant il n'y a pas de plans sur la comète. J'espère que si Grand Ocean marche un minimum, on sera parti pour un an et demi, deux ans de tournée, de promo… Après, inch'allah !

Clem : On verra où la vie nous portera !

J'ai vu en fouillant un peu sur Internet que vous aviez fait une émission du style "Taratata brésilien". Comment ça s'est passé ?

Clem : En fait, c'est une émission qui a été enregistrée à Paris. C'est de là qu'on a réussi à rentrer en contact avec Jean Lamoot à Ferber qui était en connexion avec Gaël, qui est devenu notre manager. C'est comme ça qu'on a fait notre premier "Taratata", c'était basé sur le même concept. En live, on partagait le même local que Orlando Morais, qui est un chanteur brésilien assez connu là-bas même bien connu. Et en fait c'est de la qu'on a rencontré toute l'équipe du studio Ferber.

Florian : En tout cas j'espère qu'on pourra aller jouer au Brésil !

Clem : Ouais on a un gros projet sur le Brésil. On garde ça précieusement pour nous, mais on a un gros projet !

Florian : J'aimerais travaillé avec des musiciens locaux là-bas...

Clem [le coupant] : On garde ça pour nous [rires] Voilà s'enrichir de plein de genres différents niveau local en fait, jouer avec les musiciens locaux et puis voilà.

Florian : Peut-être qu'il y aura un album fait que comme ça à l'avenir. Une sorte d'album aux 12 coins du monde avec 12 titres. Enfin on verra...

Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour cette belle aventure ?

Clem : Un super bain dans cette chambre [rires] [La baignoire est dans la chambre même]

Florian : Une belle tournée !

Clem : Ouais qu'on aille jouer au maximum et qu'on aille rencontrer le plus de gens possible !!

Merci à eux pour leur bonne humeur et à leur manager Gaël

Merci à Stéphanie de l'agence Rise Up

Merci à l'hôtel Idol pour leur accueil

Je vous laisse comme d'habitude avec un de leurs clips : The Rivers

Vous pouvez également regarder le clip de leur 1er single USA ici.

Sortie de l'EP le 4 Mai

En concert au China (Paris 12) le 4 Juin et au Petit Bain (près de Bercy Village) le 21 juin à l'occasion de la Fête de la Musique !

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