Interview : Davide Esposito

Publié le par Le Blog d'une Active Pensive

Interview : Davide Esposito

Lundi après-midi, je me suis rendue à l'hôtel Park Hyatt Paris Vendôme pour enfin rencontrer Davide Esposito, ce charmant auteur-compositeur-interprète italien qui a sans doute bercé votre été avec son titre "A Cavallo del Vento". Vous avez forcément chantonné une de ses chansons puisqu'il a travaillé pour Céline Dion, Johnny Hallyday, Florent Pagny, Nolwenn Leroy, Grégory Lemarchal ou encore Vincent Niclo, entre autres.

Rencontre.

 

- Quand est née cette envie de faire de la musique et surtout d'en faire ton métier ?
 
Ça vient de ma grand-mère qui m’a offert un petit orgue en jouet et j’ai découvert cette capacité à reproduire la musique. Ensuite, mes parents ont vu que j’étais capable de jouer et m’ont donc offert un vrai piano. J’ai étudié la musique et ai continué à être passionné, à l’écoute et à avoir envie de jouer d’autres instruments.

- Tu as commencé à partir de quel âge environ ?

J’avais 5 ans quand on m’a offert ça. Je jouais à peu près bien sûr (rires) mais ça a commencé très tôt !

- Tu as sorti un album en 2010 intitulé "Un uomo" sur lequel tu as fait deux duos, un avec Julien Doré et le second avec Claudia Cardinale.  Comment sont nées et comment se sont passées ces collaborations ?

Très bien. Julien, c’était entre guillemets facile parce qu’il aime beaucoup la culture et la musique italienne car sa grand-mère est italienne. Donc il avait zéro défaut de prononciation et il adorait l’idée de venir chanter en italien. On s’est rencontré grâce à l’ingénieur du son qui était dans le studio où on travaillait. C’est le lien qui nous a permis de bosser ensemble. Et avec Claudia Cardinale, on s’est rencontré sur une date que je fais depuis maintenant 9 ans pour l’association Faire Face dont on reparlera plus tard, le gala bénévole d’Avignon. Quand on s’est vu, j’ai eu le courage de lui dire, au-delà d’échanger avec elle sur le cinéma, parce qu’elle est fantastique et incroyable, "est-ce que vous avez envie de chanter avec moi ?". Elle m’a dit "chanter non mais on pourrait tenter un truc". Et en fait, elle a fait une intro parlée sur « Dolce Vita ». C’est un hommage à la musique et aux films des années 70.

- Hormis Grégory Lemarchal et le très célèbre "Ecris l'histoire", quelle est la chanson que tu as écrite pour un artiste français dont tu es le plus fier ?
Récemment, je suis très content de « Juste pour me souvenir » que j’ai écrite pour et avec Nolwenn. Et sinon, j’aime beaucoup « Viens jusqu’à moi » pour Elodie Frégé que j’ai écrit il y a presque 10 ans. Mais c’est difficile parce que chaque artiste arrive à donner une couleur et une interprétation différente et la chanson prend vie d’une manière que tu n’imaginais pas quand tu l’as composé. A chaque fois, c’est beau, c’est différent et touchant. Ce sont les deux chansons qui ressortent mais je les aime toutes.

- Et s’il y avait un autre artiste francophone avec qui faire un duo, tu choisirais qui ?

Difficile. Je pourrais dire Stromae parce que je considère que c’est un génie de la musique. Il a des idées incroyables de réalisation, de textes… Peut-être que ça ne colle pas avec mon univers mais je l’apprécie beaucoup.
- Est-ce que l'album "Roma California" est aussi sorti en Italie ?
Pas pour l’instant. Mais on a fait un duo avec Nina Zilli qui est une chanteuse très connue en Italie qui fait aussi « Italia’s got talent ». On envisage de pouvoir faire une sortie en Italie. D’autres pays se sont aussi intéressés à l’album, comme l’Allemagne qui aime beaucoup la culture italienne.
- Les medias français t'ont mis à l'honneur tout l'été notamment TF1 avec la diffusion du clip "A cavallo del vento". Est-ce que maintenant les gens, en France, t'arrêtent dans la rue ? Si oui, ça te dérange ou pas du tout ?
Oui, ça arrive. Parfois, tu vois qu’il y a de la timidité. Je vois les gens qui se disent "ah je le connais peut-être…". Et d’autres fois, il y a des gens qui viennent et qui disent "ah je t’ai vu à la télé, est-ce qu’on peut faire une photo…?" mais c’est toujours sympathique et jamais oppressant.
- Combien de temps en moyenne faut-il pour adapter une chanson ?
Je ne sais pas. A la base, les textes je les écris vite, je trouve les idées vite. Sauf que quand même, j’en ai fait 30. Donc c’est un long travail. Après on a fait le tri, on a demandé les autorisations des auteurs d’origine parce que sans ça, tu ne peux pas le faire. Mais une fois que tu as trouvé l’axe de ce que tu veux raconter, hormis pour certaines chansons où je respecte le sens du texte d’origine, en une ou deux journées, un texte peut être terminé.

- Donc c'est assez rapide !

Oui c'est assez rapide parce que quand ça ne marche pas, quand il n'y a pas le feeling immédiat et qu'il y a quelque chose qui bloque, c'est que ce n'est pas le bon titre à aborder.
- Est-ce que certains accords ont été modifiés ou tu as juste refait les paroles sans toucher aux mélodies ?

Sauf quelques petites notes à droite et à gauche que je me suis permis d'interpréter un peu différemment, ce sont des chansons mythiques donc il faut vraiment les respecter en essayant de faire le maximum pour ne pas décevoir les interprètes et le public. Donc je sais que « Hotel California», c'est une chanson limite intouchable, et je dis limite car je l'ai fait quand même. Et avoir l'accord des Eagles qui ont donc écouté ce que j'ai fait, ça fait plaisir et ça veut dire que c'est faisable.
- Quelle est LA chanson dont tu avais le plus peur que l'adaptation en italien soit refusé par son auteur ?
Celle des Eagles ! Parce que c'est vrai que quand on a, grâce à mes éditeurs, contacté The Eagles par le biais de leurs éditeurs, on a su qu'ils souhaitaient que la chanson soit la plus similaire possible au niveau du sens. Donc il y a eu un gros travail à faire en italien pour que tout corresponde. Et on a aussi dû envoyer la traduction en anglais de mon texte en italien pour qu'ils voient que j'étais resté fidèle au sens du texte original. A tel point que quand on traduisait mon texte en anglais, on obtenait leur texte en anglais (rires). Je me disais "C'est presque inutile ! Vous pouvez lire votre texte, c'est exactement ça !" (Rires).
- Quand ado tu écoutais les chansons qu'on retrouve sur "Roma California", est-ce que tu imaginais qu'un jour, tu les chanterais à ta manière et que tu ferais d'aussi beaux clips que ceux de "A cavallo del vento" et "Oggi Pioggia" ?

Non. Franchement, le plaisir que je prenais à chanter des chansons en italien, en yaourt, c'était juste pour mon kiff d'adolescent... Donc à l'époque, non, je ne pouvais pas croire à un truc comme ça ! Mais enfin, ce qui est sympa comme tu dis, on n'est pas loin des clichés parfois de ce qu'est l'Italie, l'être italien... Je trouve que c'était beau de pouvoir me rapprocher de mes racines, sur la côte Amalfitaine, près de Naples où je suis né, et en même temps d'aller en Californie pour faire ce mélange et montrer deux lieux et deux univers qui résument "Roma California".

- Comment le choix des chansons à mettre sur l’album s’est-il fait ?

Alors, comme je te disais, il y a eu 30 chansons de maquettées. Après le tri s'est fait aussi grâce à Régis Ceccarelli et Bertrand Lamblot qui m'ont aidé à choisir. Je me suis aussi aperçu que certaines chansons ne collaient pas parfaitement à ma voix, des textes ne sonnaient pas bien en italien. Donc il y déjà eu ça. Après, sur les 15 pour lesquelles on a fait la demande, on a eu de la chance parce que 14 ont été acceptées ! Donc c'était surtout un choix artistique car celles qui ne collaient pas, on les a mises de côté.

- Pourquoi avoir choisi « A Cavallo del vento » comme premier extrait ?

D'abord parce que le travail de Régis dans les arrangements, le mélange entre la mandoline et tous les éléments qui rappellent la Méditerranée et qui montrent l'équilibre entre la musique californienne et la musique italienne, avec en plus un peu d'electro et un pied qui bouge tout le temps et qui donne ce côté un peu estival... C'était l'extrait qui, je trouve, résumait le mieux le concept et l'esprit de l'album.

- Quel a été l'accueil du public français sur les quelques scènes que tu as fait cet été ?
Franchement, c'était un très bon accueil. La première fois tu essaies de savoir si la langue peut poser problème dans le sens où tout le monde ne parle pas italien et ne peut pas chanter avec toi, c'est difficile. Mais en même temps, c'est sympa de voir l'effort sur des titres comme « Hotel California » ou même « Oggi Pioggia » où évidemment le souvenir des chansons dans la tête des gens faisait qu'ils chantaient avec moi. Donc c'était drôle. Et sur « A cavallo del vento » , les gens faisaient les lalala. Il y a des choses fédératrices qui font que les gens te suivent. C'était très bien !
- Des concerts sont prévus pour la fin de l'année ?

Alors on n'a pas de date précise. Il y a déjà la date bénévole le 10 octobre à Avignon où il y aura Marina Kaye, Claudia Cardinale et d'autres artistes pour les enfants malades et qui est organisée par l'association Faire Face. Après ça, fin novembre, je n'ai pas la date précise mais j'aimerais avoir la possibilité de faire un concert à Paris et après une tournée pour pouvoir  présenter l'album et mes chansons au public car le live est quelque chose de très important pour moi !
- Si tu pouvais inviter sur scène un seul artiste, lequel ce serait ? Pourquoi ?

C'est une question piège ça ! C'est difficile (rires) ! Je ne sais pas. Je dirais, comme ça, même si je sais que c'est impossible car il ne viendrait jamais, Johnny Hallyday pour donner une touche de rock n' roll. (Rires) Je dis ça pour rigoler mais il y en a plein que j'aimerais avoir : Vincent Niclo, Nolwenn Leroy, Amel Bent, Hélène Segara... C'est difficile de te dire quelqu'un en particulier car je les apprécie tous !

- Et par rapport à ceux qui ont composé les chansons que tu as adaptées sur l'album ?

Il y en a un avec qui ce serait faisable, ce serait Christopher Cross parce qu'on se connait donc faire un duo avec lui sur « Vele/Sailing », lui en anglais et moi en italien, ce serait sympa ! En plus avec sa guitare, ça pourrait ajouter quelque chose de vraiment classe à la performance.

- Cet album, ce ne sont pas que des adaptations, il y a aussi 2 chansons inédites que tu as écrites et composées. Qui a eu l'idée de les mettre sur l'album ?
Pour deux raisons. D'abord parce que je voulais faire un peu le lien avec le fait que je suis compositeur et je voulais rappeler aussi ce travail qu'est la composition des musiques. Et aussi parce que ça m'est venu facilement après avoir travaillé au piano, à la guitare les chansons, la compo dans l'esprit de la musique californienne est restée et est sortie facilement. C'est comme si j'étais un peu rentré dans l'univers et c'était amusant parce que les codes de cette musique, c'est-à-dire les harmonies, les mélodies, sont des choses que maintenant on n'utilise plus. C'est un peu plus formaté aujourd'hui. Donc j'ai pu me lâcher à la compo et faire quelque chose que je pense cohérent avec la musique californienne.
- De quoi parlent ces deux chansons inédites ?
Alors les textes, je les ai travaillés avec un ami italien qui s'appelle Pacifico, qui a bossé avec Eros Ramazzotti, Andrea Bocelli... C'est un auteur très connu en Italie. Donc on a décidé de faire ces deux chansons ensemble. Je lui ai donné l'idée de la sonorité des mots et après on a travaillé tous les deux sur les textes. La musique c'est juste moi. En fait, « Insieme » c'est quelque chose que tu leux trouver soit en amitié soit en amour, c'est-à-dire deux personnes qui restent ensemble pour la vie et qui partagent beaucoup de choses. Le sens de la chanson, c'est "une vie ensemble". Et l'autre « Tu sei la ragione », ça signifie "Tu es la raison". Et en fait, c'est la motivation qui me pousse à faire de la musique. Ça peut donc être vu soit comme une personne soit comme une métaphore du fait que la musique, c'est ma raison de vivre !

- Ces deux titres sont-ils la base d'un prochain album composé uniquement de tes chansons ?

Bien sûr que l'envie de m'exprimer globalement avec un projet d'inédits est toujours là dans ma tête. Donc ça pourrait être soit la suite directe de Roma California ou la suite d'un volume 2 de "Roma California". Je ne sais pas, on verra ! (Rires)
 

Merci à Charles Clément de l'agence Rise Up

Merci à Davide Esposito pour ses réponses

Merci à l'hôtel Park Hyatt Paris Vendôme pour leur accueil

 

J'en profite pour vous rappeler que l'album "Roma California" est toujours disponible. Je vous quitte avec un peu de soleil et le clip de A Cavallo del Vento. Vous pouvez suivre Davide sur Facebook et Twitter pour ne rien louper de son actualité.

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Colette 19/09/2015 21:59

Bravo !!! Un jeune homme bien sympathique avec beaucoup de charme !!?

Le Blog d'une Active Pensive 20/09/2015 00:21

Je confirme ;-)