Interview : Izarry

Publié le par Le Blog d'une Active Pensive

Interview : IzarryInterview : Izarry

Jeudi dernier, en milieu d'après-midi, je suis allée à la rencontre d'Izarry, un jeune auteur-compositeur-interprète de la scène Française, qui a sorti le lundi 16 mars 2015 son troisième album "VIS" (Unimusic/Musicast). Un album composé de 11 titres entêtants et lumineux résolument pop électro. Disponible en digital et physique, l'artiste signe là un retour musical détonnant, en collaboration avec Lionel Capouillez, mixeur et réalisateur des albums de Stromae (Racine Carrée).

Rencontre.

 

Pour commencer est-ce que tu peux te présenter ? Ton nom, ton pseudo, parce que j'imagine que c'est un pseudo, ton âge aussi parce qu'on ne le sait pas...
Et on saura jamais (rires) ! Je m'appelle Izarry. Je suis auteur-compositeur-interprète. On se voit aujourd'hui parce que j'en suis déjà à mon troisième album. J'ai un parcours assez atypique puisque j'ai commencé en auto-production et aujourd'hui je suis dans un label indépendant. C'est la grande et belle aventure du monde de la musique !

Tu as grandi à Metz puis tu es ensuite venu à Paris, pour la musique j'imagine. Tu es installé à Paris maintenant ?
Oui je suis installé à Paris depuis 10 ans. J'ai construit toute ma carrière, j'ai voulu prendre les rênes... C'est pour ça que je suis monté à Paris. Pour ce métier, c'est vraiment l'endroit idéal !


As-tu suivi une formation musicale ou tu as tout fait en autodidacte ?
Mes parents m'ont inscrit dans une école de musique, je devais avoir 3-4 ans. J'ai commencé par le piano, le solfège... Les bases ! Les instruments m'ont amené à aimer la musique, avoir des idées de mélodies. Et puis à l'adolescence, on envie de faire plein de choses. Je me suis mis à écrire. J'ai aussi eu un groupe au lycée avec des amis où j'étais chanteur et c'est moi qui amenais les compos. Et puis quand on s'est séparé après le lycée, chacun a pris des routes différentes et moi je suis donc monté sur Paris.

Y avait-il d'autres personnes dans ton entourage qui jouaient d'un instrument, qui chantaient...?
Non, pas spécialement ! C'était plus de l'improvisation entre amis, du genre un jour on se réveille et on se dit "Tu ferais quoi comme instrument ? Moi je veux bien faire de la guitare...". On achète le matériel sans vraiment savoir comment ça fonctionnait et c'était drôle ! C'était une belle aventure.

Tu as fait la première partie de Calogero (gros concert de 40000 personnes en plein air à Metz). Comment tu es arrivé sur cette date ?
C'était en 2008 et c'était une de mes premières scènes. 40 000 personnes en plein air, en plein jour, je m'en souviens encore. Je suis arrivé là parce que j'ai fait la rencontre de mon producteur, qui est toujours mon producteur aujourd'hui. Il a bien bosser pour me faire tourner. À ce moment-là, je n'avais pas encore enregistré mon premier album donc c'était pour moi une manière de tester mes compos et comme ça s'est très bien passé, je me suis dit "allez c'est parti, on enregistre !". J'ai investi dans du matériel, monté mon home studio et j'ai fait mon premier album.

Tout s'est enchaîné depuis 2008 !
Oui, c'était ma première confrontation au public, seul sur scène. Enfin seul... J'avais des musiciens mais c'était mes compos, mes arrangements. J'avais la 1ère vraie et bonne réaction de 40000 personnes donc ça trompe pas !

Qu'est-ce que cette expérience t'a apporté ?
Ça m'a permis de me dire que j'avais fait les bons choix, dans un métier compliqué quand on n'est pas entouré de musiciens, qu'on est en province, qu'on n'a pas toutes les ficelles... C'était un tremplin. Je me suis rendu compte de la chance que j'avais déjà l'époque. Et puis ça m'a permis d'enregistrer mon premier album, de monter sur Paris. Et quelques années plus tard, de recroiser le chemin de Calogero, puisque c'est son frère qui a réalisé mon deuxième album. C'était sans lien mais l'histoire n'était pas finie d'être écrite avec cette famille. Donc à ce moment-là, j'ai revu Calogero. On a enregistré les morceaux dans son studio chez lui. C'est une belle rencontre !
J'ai aussi eu de très belles collaborations sur le 2ème album parce qu'il y a aussi Alain Lanty qui m'a accompagné au piano sur l'album et sur scène. C'est beaucoup de travail, ne rien lâcher. Il y a aussi un gros boulot derrière, des équipes qui travaillent avec moi et puis il y a un petit peu de chance aussi. L'heure était venue de faire des belles rencontres et j'ai eu la chance que ça colle avec ces personnes parce que ça aurait aussi pu ne pas fonctionner.

Tu écris tu compose tous tes titres tout seul. Quelles sont les choses qui t'inspirent ?
J'écris beaucoup sur des états d'esprit, plus que sur des histoires. Après, j'essaie de poser les mots pour que ça parle au plus grand nombre parce qu'au final on a tous les mêmes ressentis face à des situations, que ce soit des histoires d'amour, ou des histoires de société comme là sur le dernier album, j'ai écrit une chanson hommage à Malala. Donc ça peut être du fait divers. J'ai aussi écrit sur Vincent Humbert, l'histoire de l'euthanasie qui fait débat en France. Et à côté de ça, ça va être des histoires plus communes, que j'entends chez des amis, la famille... J'ai mes endroits de prédilection pour écrire : les terrasses de café avec un livre, un carnet et je m'inspire de l'ambiance. (La terrasse de l'hôtel Amour où nous étions est par ailleurs très inspirante.)

Comment définirais-tu ton album "Vis" ?
Alors le troisième album, je l'ai voulu moderne. Je me suis totalement éloigné de tout ce qui a fait que je suis arrivé là jusqu'à maintenant. J'ai toujours travaillé plus ou moins en piano-voix et en acoustique. Ca a toujours été de vrais instruments avec des musiciens sur scène : pianio, guitare, batterie. Et là, j'ai voulu rentrer un peu plus dans l'électro. C'est un mot un peu large aujourd'hui mais ça se définit déjà par une chose simple, c'est qu'il n'y a quasiment pas d'instruments réels, c'est de l'ordinateur. Et je voulais un album positif, solaire. Je voulais montrer que je me sentais bien dans mes baskets et je voulais communiquer cette joie de vivre, donner un peu de baume au cœur aux gens par ces temps qui courent. Et puis des collaborations ont contribué au fait que j'ai croisé la route du réalisateur de Stromae (Lionel Capouillez) et ça a collé avec mon projet. Je rêvais de travailler avec lui car j'avais beaucoup aimé son travail sur le premier album de Stromae et ça collait parfaitement avec ce que j'avais enregistré chez moi, parce que j'écris, je compose et j'arrange aussi. C'était déjà orienté pop/électro. Et j'avais envie de faire du neuf !

Comment ça s'est fait cette rencontre ?
En fait, ça été un peu compliqué dans le sens où, connaissant le carton de Stromae et sachant que cette personne l'accompagne aussi lors des concerts sur cette grande tournée qui n'en finit plus, bizarrement quand j'en ai parlé au label, il était disponible. On est allé en Belgique le rencontrer, je lui ai fait écouter mes maquettes. Ca lui a beaucoup plu et il m'a expliqué que tout le monde le sollicitait dans les grandes maisons de disques parce que c'était devenu la personne bankable avec qui tout le monde voulait travailler aujourd'hui. Et c'est avec moi qu'il a décidé se remettre le pied à l'étrier on va dire, avec un nouveau projet. On a enregistré en Belgique. Ça a été une belle aventure. Je suis vraiment ravi. Ça donne une énergie. Il savait ce que je voulais, ça a coulé de source. La synergie était la bonne !

Après ces belles collaborations, est-ce qu'il y a d'autres artistes avec qui tu rêverais de collaborer, que ce soit à l'écriture, la composition, faire un duo... ?
Déjà, il faut savoir que j'écris uniquement en français. Je n'ai pas la prétention de vouloir écrire en anglais et je pense que je ne chanterais jamais en anglais, en tout cas c'est pas pour maintenant. Donc je reste inspiré par des musiques françaises en terme de création. J'aime beaucoup l'univers de Zazie. Nos chemins se sont croisés avec Stromae donc un duo avec lui, ça pourrait être sympa. Si c'est pas sur un album, ça pourrait être sur scène si un jour nos dates collent. Après, j'ai des rêves de gosse. J'ai été bercé par Noir Désir, Saez... C'est toujours de la musique très bien écrite. Si j'avais vécu à une autre époque, ça aurait été Brel.
Après je sais que j'essaie de rester fidèle à moi-même, de ne pas suivre les modes. Pas pour contredire la mode, mais juste parce que j'avance avec ce que j'ai envie de faire. J'ai la chance d'être en indépendant, de tout maîtriser de A à Z. Donc chaque chose en son temps. Peut-être que le prochain projet sera complètement différent parce que je serai d'une autre humeur...

J'ai vu que tu avais des comptes Facebook, Twitter et Instagram. Est-ce que c'est toi qui gères tout ?
Oui ! Je réponds au maximum. Je ne réponds pas tous les jours mais j'essaie de prendre une journée dans la semaine pour répondre. Il y a aussi des actus postées par les attachés de presse. Mais en tout cas, tout ce qui est photos, Instagram, c'est moi qui le fais. C'est la moindre des choses. J'ai commencé en autodidacte, je suis indépendant. J'ai pas la visibilité d'une grande maison de disques. Si j'ai vendu 10000 exemplaires de mon 1er album et si j'en suis là aujourd'hui, à mon 3ème album, c'est bien parce que ces gens sont là. Ils ne font pas semblant, moi non plus. Donc je libère un maximum de temps parce que c'est normal ! Et ça me permet aussi, puisque c'est la 1ère fois que je suis sur les routes depuis 2 mois, avec une tournée de 40 dates qui s'arrêtera au Café de la Danse lundi 15 juin, de les rencontrer en vrai, d'en rencontrer des nouveaux...

Les réseaux sociaux ont joué un grand rôle pour ton premier album. Penses-tu que sans eux, tu serais déjà à ton troisième album aujourd'hui ?
Alors à l'époque de mon premier album, il n'y avait pas tout ça. Il y avait MySpace qui était déjà une grosse révolution. C'était les prémices de Facebook mais on savait pas trop encore à quoi ça servait. Il n'y avait pas encore toutes ces pages pro pour les artistes, ça n'existait pas. Alors c'est une bonne question ! J'avais déjà eu un très bel accueil médiatique sur le Web donc ce n'était pas que les réseaux sociaux. Mais il y avait déjà les médias comme toi, comme ceux qui sont là aujourd'hui, qui étaient là hier et qui sont toujours là qui ont énormément contribué à faire parler de moi. C'est un tout je pense.

S'il n'y avait pas eu ce succès grâce aux réseaux sociaux, est-ce que tu aurais été prêt à participer à une émission de télé style la Nouvelle Star, Star Academy à l'époque..., pour te faire connaître plus rapidement ?
C'est une question délicate, non pas que j'ai la langue de bois mais on m'a appelé à peu près pour toutes les émissions grâce à MySpace à l'époque. J'ai aussi eu des propositions pour des comédies musicales. Mais ça ne m'intéresse pas. Je suis très friand en tant que spectateur mais y participer, ce n'est pas du tout pour moi. C'est bien que ça existe. Les gens qui y participent sont courageux et ça permet d'avoir encore de la musique à la télé aujourd'hui !

Autre question. J'ai vu que tu avais des origines italiennes. Penses-tu un jour faire des chansons dans cette langue ?
Oui, ça me trotte dans la tête depuis longtemps. Je ne le parle plus couramment. Je parlais le patois de ma Calabre natale (région à l'extrême sud ouest de l'Italie, le pied de la botte). J'ai déjà une composition qui traîne depuis quelques années en italien plus ou moins bien écrite. Mais en tout cas, je sais que c'est quelque chose que je ferai. Ce sera un morceau ou tout un album ou un mix de français/italien car c'est une très belle langue !

Comment se prépare le Café de la Danse le 15 Juin ?
On prépare quelque chose d'assez original dans la continuité de mon album. Je voulais un album qui change, un album un peu moderne et du coup, je voulais que scéniquement, ce ne soit pas une formation classique ! On n'est pas beaucoup sur scène mais on travaille à quelque chose d'original !

 

Rendez-vous donc le 15 juin au Café de la Danse pour voir en live cet artiste généreux et touchant.

 

Ci-dessous le titre Malala ainsi que l'affiche de son concert du Café de la Danse.

 

Un grand merci à lui, à l'hôtel Amour et à Charles de l'agence Rise Up.

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