Interview : French Tobacco

Publié le par Le Blog d'une Active Pensive

Interview : French TobaccoInterview : French Tobacco

Coucou par ici !

Beaucoup de choses au programme cette semaine, vous allez avoir de la lecture.

Hier, je suis allée au W hôtel, près d'Opéra, pour rencontrer Sacha Page alias French Tobacco dont je vous ai déjà parlé ici.

Je vous laisse découvrir notre entretien. Bonne lecture !!





Pour commencer j'ai vu ta vidéo, ta live session de Cry et franchement elle vraiment est pas mal !



Ah oui, tu aimes bien ? C'est cool !







Qui est-ce qui a eu l'idée ?



C'est Vanessa, ma manager, et Guillaume qui a filmé la vidéo ! C'était intéressant, il faisait beau. On était sur les toits de Paris ! C'était un bon aprèm et c'était pile cinq heures avant que je sois malade, un genre la grippe ! Je commençais à avoir mal à la gorge et après la session j'ai été me coucher direct !!







D'où te vient le nom French Tobacco ?



Quand j'étais en Angleterre, j'ai étudié l'industrie de la musique, et on est parti dans un road trip avec un ami. On a fait Londres, Edimbourg... et le soir, on chantait dans les pubs en échange de quelques bières et de quoi manger et dormir ! Je terminais toujours par une chanson française. Et le dernier soir, on arrive au milieu de nulle part, il y avait limite plus de moutons que de personnes. J'avais terminé par une chanson de Gainsbourg. J'ai allumé une cigarette et là un vieil écossais à qui appartenait le pub me dit "hey French Tobacco..!" j'ai jamais su pourquoi. Ça a fait rire mon pote qui m'a dit "je vais t'appeler French Tobacco". Et finalement tous mes potes m'ont appelé comme ça. Et puis quand je suis rentré en France, il fallait trouver un nom de scène et j'ai gardé celui-là ! Et puis d'un coté French Tobacco, je trouve ça drôle parce que je ne suis pas français mais j'ai grandi en France. Donc j'ai gardé French et comme je chante en anglais, ça colle plutôt bien. C'est l'explication que j'ai trouvé ! [rires]







Qu'est-ce que ça t'a apporté de faire la Nouvelle Star ?



Ça m'a mis un pied dans milieu et ça m'a permis de connaître un peu l'envers du décor. J'avais 19 ans, je jouais dans les bars avec mes amis devant trois personnes, dont mes parents tu vois [rires]. Et puis là, j'arrive je me vois dans Voici ! [sourire] Ça m'a aussi apporter des contacts : une personne m'en a fait rencontrer une autre et ainsi de suite. De fil en aiguilles j'ai rencontré Vanessa ! C'en est suivi une longue traversée de 4-5 ans ! Mais pour en revenir à la Nouvelle Star, il y avait une bonne ambiance. Ça m'a permis aussi de voir comment les autres artistes et musiciens travaillent, les manières d'interpréter aussi car il y en a des différentes !! C'était vraiment une superbe expérience. C'est là où je me suis dit "en fait je connais rien" et puis j'ai une soif d'apprendre. Donc j'ai été étudié en Angleterre ensuite l'industrie de la musique et j'ai fait mon petit bout de chemin.







En parlant des études en Angleterre qu'est-ce qu'on apprend en licence sciences en business de la musique ?



C'est une très bonne question. En fait, il y a des écoles comme ça qui existent en France mais moi je voulais quelque chose qui soit reconnu par l'État. Donc c'est quelque chose que j'ai fait dans l'université de Surrey [au sud de Londres]. On apprend tout ce qui touche à l'industrie de la musique. Ça veut dire comment marchent les éditions, les droits d'auteur... mais en Angleterre Donc c'était bizarre de revenir en France parce que ça ne fonctionne pas tout à fait pareil au niveau des organismes qui traitent les droits d'auteur. Ça t'apprend aussi comment lire un contrat. Ça traite de plein d'autres choses, comme être un entrepreneur dans l'industrie de la musique, les nouvelles technologies... En fait, moi, ça m'a surtout appris à "réfléchir différemment", à trouver les nouvelles technologies pour me faire connaître, et les utiliser à des fins artistiques. Le but, ce n'était pas forcément de faire de l'argent. C'était plus de me dire comment est-ce que ça fonctionne et comment m'y prendre et faire que ça marche ! Puisque avec Internet c'est tellement facile de mettre sa musique en ligne que finalement tu te dis "il y a tellement de personnes qui mettent leur musique comment je faire pour me démarquer" ! Donc la Nouvelle Star, c'était aussi une manière pour me démarquer. Il y a toujours certaines personnes qui me suivent et je reçois des messages du genre "Je t'ai connu à la Nouvelle Star. Je t'ai un peu perdu de vue mais maintenant je vois que tu reviens". C'est sympa ! Ça permet aux personnes de savoir un peu qui j'étais il y a cinq ans et puis aussi ce que je suis devenu. J'ai voyagé entre-temps, j'ai fait pas mal de road trip, je me suis éclaté et puis c'est intéressant !







Tu vois toujours d'anciens camarades de la Nouvelle Star ?



Oui ! Je vois toujours François (qui était finaliste). J'ai quelques nouvelles de Ramon, de Luce, d'Ambre [il réfléchit].



C'est déjà pas mal !



Oui et puis c'est vrai qu'à la Nouvelle Star on était vraiment dans un cocon, on ne pouvait pas trop sortir de l'hôtel... Mais c'était génial, c'était une belle aventure ! Je suis content de l'avoir fait et puis ça m'a permis de grandir. Je ne sais pas si j'aurais pris les mêmes décisions si jamais je ne l'avais pas fait.







Pour ton premier album c'est quoi la tendance, le message, le style ?



La tendance sera folk. Et le message, c'est surtout le voyage. En fait, le label de l'album Play On m'a signé juste en entendant Cry ! [ça l'a beaucoup surpris] J'étais super content et donc je ne voulais pas les décevoir, moi non plus. J'ai écrit des mélodies pendant que j'enregistrais l'album et la plupart des textes, je les avais fait pendant que je voyageais ! [rires] On dirait que je suis parti à l'autre bout du monde mais je suis pas parti très loin ! J'écris plus facilement quand je ne suis pas chez moi mais les mélodies peuvent, par contre, venir quand je suis chez moi ou dans un studio. J'aime bien m'inventer des personnages. J'aime bien écrire sur des personnes, sur des choses que j'ai vu, un film que j'ai vu, ou sur toutes les choses qui m'inspirent comme ça. J'espère un jour arriver à un point où mes voyages me permettront vraiment d'écrire sur ce que j'ai vécu. Ce n'est pas encore le cas.







Et donc là tous tes morceaux vont être en anglais ?



Oui c'est ça ! J'ai hésité un moment à mettre une reprise en français et puis je me suis dit "tu as tout le temps pour le faire" ! Je voulais vraiment que ce soit un album anglais parce que ce sont mes racines. J'ai grandi avec Ray Charles, ABBA [sourire]... C'est très éclectique ! Donc j'ai choisi de faire de l'anglais parce que c'est de là où je viens !







Et ton album est prévu pour quand ?



Pour le 15 juin !







Tu écris et tu composes tous tes titres tout seul ou tu collabores avec d'autres personnes ?



J'écris et je compose tout. Pour la production, je me suis fait aider par Nicolas Loconte qui a réalisé l'album, qui a travaillé les sons et qui a contribué à le rendre plus moderne, plus contemporain aussi ! Moi, je suis arrivé avec quelque chose de très folk, juste de la guitare voix et il a modifié certaines choses. Ça a donné quelque chose qui ressemblait à ce que je voulais mais j'avais en fait aucune idée que c'était ça que je cherchais !







Quelles sont les artistes qui t'inspirent ?



Jeff Buckley, Radiohead, Bob Dylan, Patrick Watson, Emiliana Torrini... Il y en a tellement ! Je pourrais t'en citer des centaines enfin non tu vas me dire c'est comme les blagues ! Y'a un an j'en connaissais 5 maintenant je ne les connais plus !! [Rires] Pour en revenir aux artistes, je pourrais t'en citer plein mais ce sont les plus importants pour moi ! La voix d'Emiliana Torrini est très simple, douce. Ça repose et c'est à la fois puissant. C'est le genre de choses que j'aime. J'aime bien Norah Jones aussi, notamment "If you want the rainbow, you must have the rain". C'était la révélation de l'année pour moi cette chanson !!







J'ai vu que tu t'accompagnais sur scène d'une valise transformée en grosse caisse. Comment t'es venu cette idée ?



En fait, il y a beaucoup de bluesmen des années 30-50 qui tapaient sur une valise pour s'accompagner parce qu'ils n'avaient rien d'autre et qu'ils étaient toujours dans le train pour aller je ne sais où. Je me suis dit que ça rendrait bien. Déjà, je trouvais ça beau et puis l'image en elle-même rappelle l'idée du voyage [On en revient au thème de l'album]. C'est aussi un hommage à ces bluesmen ! Un jour, j'ai entendu un enregistrement et c'est vraiment là où je me suis dit "Il faut que je trouve une valise !". Dans l'enregistrement : t'as juste un mec, tu ne sais pas qui c'est, il tape sur une valise, il a trois cordes sur sa guitare et ça sonnait super bien ! Donc j'ai acheté une valise sur le bon coin et puis je l'ai trafiqué à La Baguetterie à Pigalle. Ça m'a permis de faire des premières parties pour Gérard Drouot pour Jeff Beck, Cascadeur, Nikki Yanofsky, Mina Tindle... C'était vraiment un bon investissement ces 20 euros sur le bon coin !







Et la personne à qui tu l'as achetée sait que tu l'as transformée ou pas du tout ?



Pas du tout ! Il m'a regardé bizarrement, il m'a dit : "Vous êtes sûr que vous la voulez cette valise ?". J'ai fait "Mais vous n'avez même pas idée ! Ça va être génial !". Si le mec savait... C'est drôle quand même pour une valise de se retrouver sur scène ! Surtout qu'elle était dans un placard depuis 30 ans à ce qu'il paraît ! Elle est passée de l'ombre à la lumière !







Oui elle continue ses voyages !



Ah c'est bien ça ! C'est une bonne idée ça ! Je n'y avais pas pensé. [rires]







Ça fait combien de temps que tu l'as cette valise ?



Ça fait un an ! Elle s'appelle Cindy ! [ rires]







Ton prochain concert est le 28 mai à La Boule Noire. Ca te fait quoi de jouer sur cette scène qui a vu passer The Libertines, Franz Ferdinand, Metallica, The Dandy Warhols...?



J'avais déjà ouvert pour des groupes là-bas mais c'est génial ! Il n'y a pas une capacité énorme, c'est intimiste ! C'est parfait. Pour moi, le mot d'ordre dans un concert, c'est la communication. C'est le fait que ces chansons que tu as fait dans ta chambre avec tes copains, tu les transmets. C'est vraiment une forme de dialogue. Il y aura par exemple une session acoustique, on passera un tambourin à quelqu'un. On prie pour qu'il ait le sens du rythme. [rires] Sinon, on le passera à quelqu'un d'autre !! Ça prendra le temps qu'il faut ! [rires] Mais voilà, le but c'est vraiment d'avoir cet effet un intimiste qu'est censé promettre un concert. Parce que je me rappelle, j'avais vu Eric Clapton au Royal Albert Hall et j'adore sa musique, mais j'ai été déçu de la communication. Il a joué sa musique, a fait "Salut !" et c'est tout. Mais il aurait pu venir en pyjama, ça aurait été pareil !! Pour moi, ce n'est pas ça un concert ! Pour moi, c'est le plaisir et le partage.







Quelle sera la playlist de ce concert ? Ce sera uniquement des chansons de ton album ou tu as prévu de faire des covers ?



Non je vais faire des reprises aussi. On est en train de voir exactement lesquelles mais il y aura Personal Jesus, la reprise de Depeche Mode. Il y aura aussi des chansons que j'ai écrites récemment. Ce sera que de l'anglais je pense. Il y aura plein de trucs différents avec diverses ambiances. Ce ne sera pas juste, j'arrive sur scène, je chante et je me pars !







J'ai vu que tu avais tourné en Angleterre et en France.



Oui j'ai fait notamment le Troubadour, là où avait joué Jeff Buckley !





Quel public tu préfères ?



C'est différent. J'ai été surpris en Angleterre car il y a des soirées avec plusieurs groupes. Les gens, même s'ils viennent pour le premier groupe, restent jusqu'à la fin ! Pas par principe, mais parce que c'est dans leur culture. Après il y a toujours des exceptions bien sûr, mais j'ai été surpris ! En France, les gens viennent pour leur groupe et ils partent, arrivent pendant ou après la 1ère partie... Après une question d'humeur aussi, tu peux tomber en Angleterre sur des gens qui ne sont pas souriants. J'ai fait des pubs devant 7 personnes dont, une fois, un couple pour la Saint-Valentin qui mangeait à 1 mètre de moi pendant que je jouais des chansons en français et je parlais anglais avec un fort accent français. Et le mec me sort : "Excusez-moi, vous pouvez baisser un peu le son ?" alors que je l'entendais manger sa salade ! [rires] J'ai pris ça avec le sourire parce que j'avais déjà vécu des trucs cool avant. J'avais fait la Nouvelle Star... Et me retrouver là, je trouvais ça plutôt drôle. Je crois qu'il y a beaucoup de personnes qui n'auraient pas aimé cette situation mais moi je ne me suis pas trop posé de questions. Je jouais là parce que ça payait mon loyer. Je me suis fait des potes que je vois encore aujourd'hui à chaque fois qu'ils viennent à Paris...



Ça m'a fait une expérience et le caractère. Là quand je vois 50 personnes dans une salle, je suis ravi !







J'ai vu que tu avais fait le zénith à Dijon. J'imagine que c'était la folie alors !?!



Oui ! J'ai essayé de compter les personnes dans le public, chose que je fais d'habitude mais là e nj'ai pas réussi ! C'était génial ! C'est une bonne expérience même si c'est frustrant de ne faire que trois chansons ! C'est le genre de choses dont je parlerais à mes gosses un jour : "Papa il a fait le zénith quoi !" ! [sourire]







Concernant ton album, tu comptes aller le présenter en Angleterre ou tu vas te concentrer uniquement sur la France ?



Pour l'instant, je vais rester sur la France Et après, je pense que la suite la plus logique, ce serait de faire le Benelux et puis l'Allemagne. J'ai toujours voulu aller en Allemagne. Les Allemands ont la culture du CD, du live aussi. Les gens là-bas savent aller à un concert, sans dire qu'il y a un art d'aller un concert. Mais ils savent s'amuser ! Donc j'ai hâte que ça commence et j'espère que ça ira plus loin que la France !







Tu as toujours rêvé de vivre de la musique ou tu avais d'autres ambitions quand tu étais petit ?



Je voulais être garagiste quand j'étais petit. Un jour je l'ai dit à mon prof, il s'est moqué de moi ! Il a dit "Mais pourquoi garagiste ?. Les gens veulent être pompier ou autre chose normalement !". En fait, je crois que j'étais allé dans un garage avec mon père la veille et j'avais vu une sorte d'uniforme tellement stylé que ça m'a plu ! [Cependant, le bleu de travail ne sera visiblement pas sa tenue de scène pour la Boule Noire !]







Entendre ta chanson à la radio ça t'a fait quoi ?



Bizarre, trop bizarre ! Ma mère note tous les matins mes passages et elle m'appelle "Tu es passé à telle heure..!" !! Elle est trop mignonne ! [sourire] C'est drôle parce que pour moi, s'il y avait une chanson à sortir, je ne pensais pas que ce serait celle-ci. Ça me fera toujours bizarre je pense mais c'est une preuve que les choses avancent.











Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? C'est quoi ton rêve ?



Me souhaiter de voyager. Moi tout ce que je veux, c'est pouvoir m'acheter un sandwich et me dire que c'est grâce à la musique. Je veux juste pouvoir continuer l'aventure le plus longtemps possible. Je ne sais pas jusqu'où je vais aller mais comme on dit en anglais "So far, so good" ! Jusqu'ici tout va bien donc j'espère que ça va continuer ! C'est un mode de vie qui me convient. Voyager, trouver l'inspiration... Je vais tout faire pour que ça dure !!



Je rappelle donc que l'album sort le 15 juin prochain. Il sera en concert à la Boule Noire le 28 mai et ça promet d'être une bonne soirée !!

Merci à lui et à sa manager, Vanessa, pour leur accueil et leur gentillesse.

Merci à Emilie de l'agence Rise Up.

Et merci également au W Hôtel de nous avoir reçu.

Je vous remets le clip de Cry ci-dessous.

Belle fin de journée !

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